Skip links

Test de l’aile Puma DXL de chez Avian

Vol d’essai du deltaplane AVIAN PUMA DXL, le 12 juillet 2026
Aspres-sur-Buëch – La Longeagne

Frédéric Fosse, pilote du club A.V.O.L.I.A et du Cotentin Vol Libre
Aile : Aéros Discuss

Tout d’abord, je voudrais remercier Sean de m’avoir proposé d’essayer son aile.

Je fais connaissance avec la machine la veille, au camping de Montéglin. Elle est montée sous la grande tonnelle. Sean me propose de l’essayer le lendemain, au départ du site d’Aspres-sur-Buëch. Petite hésitation de ma part… Et puis je me dis qu’il ne faut pas laisser passer une aussi belle occasion d’essayer cet engin. GO, GO, GO !

Je reviens sur cette heure passée à tourner autour de la machine sous la tonnelle du camping.

Les lignes de l’aile sont très singulières et uniques dans le monde du delta. La forme très cintrée de ses bords d’attaque, son mât incliné vers l’avant et ses grands winglets en font une aile à l’esthétique unique, très reconnaissable en vol. Ça, c’est la partie visible. Mais derrière cette silhouette se cache autre chose.

Cette aile est dotée d’une innovation technique qui a éveillé ma curiosité, tant par le résultat que ce système pouvait produire en vol que par la merveille mécanique conçue et réalisée par Avian.

Ce système d’assistance au gauchissement des ailes, s’il fonctionne bien, pourrait être une petite révolution dans le monde du delta…

Enfin, la construction ainsi que la finition de la mécanique et de la voilerie de cette aile sont d’un niveau exceptionnel.

Le montage de l’aile est très classique, rapide et sans piège : 10 lattes d’extrados et 2 d’intrados. Pas de cordes de rappel, mais 2 balestrons. Le système d’étarquage des lattes est sensationnel. La mise en place des winglets est très simple et ceux-ci sont bien ancrés au bout des plumes. Le montage à plat est possible pour les vols en bord de mer par vent fort.

Les montants profilés offrent une excellente prise en main. Leur conception permet de limiter leur inertie dans le sens longitudinal et ainsi de préserver l’ossature du pilote en cas de mauvais atterrissage.

Le portage est neutre, ce qui permet de bien sentir l’équilibre de l’aile au décollage. La hauteur du trapèze au portage est identique à celle de mon AEROS Discus.

Le jour de l’essai, il y avait environ 15 km/h de brise de face. Décollage sans problème avec 25 % de VG (Variable Geometry).

Les conditions du jour n’étaient pas géniales. Ça tenait en dynamique, dans des conditions peu généreuses sur la pente, avec quelques petits thermiques. La moitié d’entre eux étaient parfois turbulents.

L’efficacité du système d’assistance à la mise en virage se fait sentir aussitôt. J’ai un peu de mal à voler droit au début, mais je trouve rapidement la parade : zen !

Je vais résumer.

La forme de la speed-bar est géniale. Le positionnement des mains est parfait.

En soaring et pendant le cheminement sur la crête, j’ai volé avec au minimum 25 à 30 % de VG. À 0 %, l’aile est très vive et peut être difficile à maintenir en ligne droite dans un air agité.

En thermique, une VG à 0 % permet d’avoir une excellente maniabilité et une faible vitesse de vol, avec le très bon taux de chute qui va avec. Un peu plus de VG en thermique fonctionne également très bien. À noter aussi une neutralité spirale à toutes les inclinaisons : quel confort !

En transition, à 50 % de VG, j’ai trouvé que l’aile avait trop de rappel au neutre. À 100 % de VG, même constat, avec encore plus de rappel au neutre !

Durant le vol, j’ai assez peu utilisé la VG à 100 %, sauf une fois, après être monté à 2 100 mètres, pour rejoindre la plaine et l’atterrissage du Chevalet. Il apparaît clairement qu’il faut améliorer ce point pour rendre l’aile efficace en transition.

Approche classique à Aspres, avec perte d’altitude sur le village, puis entrée en base et finale sur le Chevalet.

La prise de vitesse en finale, avec 30 % de VG, se fait sur un rail. Les petites corrections de trajectoire pendant la finale m’ont vraiment bluffé. J’avais réellement l’impression d’avoir le manche d’un planeur entre les mains, tant la réponse était rapide et précise !

Poussé final bien senti, avec 5 km/h de vent de face. Trois pas de course.

Comme pour le montage, c’est rapide, sans surprise, et tellement agréable de plier une aile sans came !

La housse est de très bonne qualité et épouse parfaitement les formes de l’aile. La poignée est parfaitement placée au centre de gravité.

Ah oui, j’ai failli oublier deux autres qualités de cette machine :

  • Son poids est de seulement 30 kg dans la housse.
  • Elle peut être pliée à une longueur de 4 mètres en retirant très facilement et rapidement les extrémités en carbone des bords d’attaque.

Frédéric Fosse